En cas de crise

La probabilité d’une crise grave est peu vraisemblable à l’heure actuelle. Elle n’est malgré tout pas nulle. Ce chapitre vous présente le dispositif de sécurité chargé de la gestion de crise, ainsi que la conduite à tenir au cas où une telle éventualité se produirait.

Le dispositif de sécurité

Tout citoyen français présent à l’étranger peut solliciter l’assistance des autorités consulaires de son pays de résidence.

En cas de crise grave, l’aide accordée s’inscrit dans un cadre plus général, le plan de sécurité de la communauté française, établi et tenu à jour par l’Ambassade. Ce plan ne se substitue pas aux consignes et aux mesures de sécurité décidées par les autorités locales, sur lesquelles il doit pouvoir s’appuyer.

Ce chapitre présente les principaux éléments du dispositif de sécurité de la communauté française.

Les personnes responsables de la sécurité

L’Ambassadeur est responsable de l’ensemble des questions de sécurité, en liaison avec ses collaborateurs.

Le Premier Conseiller est l’officier de sécurité chargé de l’organisation générale de la sécurité. Il est en particulier assisté des gendarmes du poste. L’attaché de défense est chargé de l’élaboration du plan d’évacuation.

Le Vice-Consul a pour mission d’assurer la sécurité de la communauté française. Sous son autorité, le service des Français a la responsabilité du suivi des ressortissants présents au Kenya. Les personnels de la section consulaire sont vos principaux interlocuteurs quand vous vous rendez à l’Ambassade.

Plan de sécurité

L’Ambassade conçoit et actualise régulièrement le plan de sécurité de la communauté française.

Celui-ci définit les mesures devant être prises immédiatement par les personnels de sécurité du poste lors de l’apparition d’une menace. Il prévoit à son stade ultime la mise en œuvre d’une éventuelle évacuation.

Ce plan s’appuie sur :

- la définition d’un ou plusieurs lieux de regroupement et d’évacuation ;

- le découpage de la circonscription en îlots (trois îlots pour Nairobi, un îlot pour Mombasa et Malindi, un îlot pour le reste du pays) ;

- la désignation de responsables de la sécurité pour ces îlots ;

- le recensement aussi précis que possible des populations susceptibles d’être concernées (nombre, sexe, lieux de travail et de domicile, voies d’accès, numéros de téléphone, adresses électroniques) ;

- l’identification des moyens matériels nécessaires pour procéder à d’éventuelles opérations de regroupement et d’évacuation.

Connaissez vos îlotiers

Le plan de sécurité prévoit le découpage du pays en cinq îlots dans lesquels sont recensés les Français.

L’essentiel de nos ressortissants résidant sur Nairobi, la capitale a été divisée en trois secteurs (Nairobi Sud, Nairobi Nord et Nairobi Ouest). Mombasa et Malindi forment le quatrième îlot. Le dernier comprend les Français présents dans le reste du pays. Chaque îlot est encadré par un chef d’îlot et deux ou plusieurs adjoints. Ces bénévoles constituent un relais précieux et indispensable entre l’Ambassade de France et la Communauté française.

Un équipement de communication directe avec l’Ambassade est fourni aux îlotiers qui reçoivent de l’Ambassade les consignes à vous transmettre.

Ainsi, en cas de crise, une prise de contact avec votre îlotier vous permettra de connaître d’éventuelles instructions. Les informations sur votre situation seront répercutées à la cellule de crise constituée à l’Ambassade.

Pour cette raison, et même si vous vous estimez « bien connu du poste », il est indispensable de vous présenter à la section consulaire et, une fois inscrit au Registre des Français établis hors de France, de nous signaler tout changement concernant la composition de votre famille, votre lieu de résidence ou de travail, vos numéros de téléphone et votre adresse électronique… sans oublier les plans d’accès à votre domicile.
La localisation et l’information des personnes menacées sont l’une des clefs d’une bonne gestion de crise.
Elles ne pourront être optimales qu’avec votre collaboration.

Pour tout renseignement concernant votre inscription, vous pouvez contacter le service des Français à la section consulaire.

Vous y trouverez également l’identité et les coordonnées de vos îlotiers. Ces informations vous sont par ailleurs rappelées sur la petite carte qui vous est distribuée lors de votre inscription.

Pour connaître l’îlot dont vous dépendez, référez-vous à cet article.

Le déclenchement de la crise

Dès l’apparition d’une crise, deux cellules de crise se mettent en place : l’une à Paris, issue de la cellule de veille sur la sécurité des communautés françaises ; l’autre au Kenya, à l’Ambassade.

La cellule de crise de l’Ambassade

La mise en place du réseau d’îlotiers s’accompagne de celle d’un dispositif de crise de l’Ambassade placé sous la responsabilité de l’Ambassadeur.

Cette cellule a une triple mission :

● la gestion de crise, c’est-à-dire qu’elle : entrera en contact avec votre chef d’îlot et recensera toutes les informations concernant l’ensemble des Français résidant dans la zone sinistrée ; assurera le contact avec les autorités locales et diffusera leurs consignes auprès de vous ; prendra en charge, le cas échéant, votre regroupement et votre évacuation.

● la reconnaissance et la recherche des victimes potentielles, avec éventuellement l’organisation de secours sur le terrain ;

● l’information de crise, en direction à la fois des familles et du Ministère des Affaires étrangères.

Les phases du plan de sécurité

En période de crise, quatre phases sont envisagées en fonction de la gravité de la situation. Suivant la nature du risque, le plan de sécurité peut être activé directement dans l’une ou l’autre de ces phases.

Il demeure néanmoins peu probable que la situation s’aggrave au point d’envisager le regroupement ou l’évacuation de la communauté.

Phase 1 : restriction de circulation

Cette phase intervient quand le contexte fait craindre des risques pour les communautés expatriées.

L’Ambassade revoit son dispositif de sécurité, procède à des tests de ses moyens de communication et vérifie la présence des Français. Des consignes de vigilance et de prudence sont données à la communauté française.

Il est notamment recommandé :
- de limiter et de signaler ses déplacements ;
- de ne pas prendre ostensiblement de photographies ;
- de conserver une radio ondes courtes avec batteries et de
rester branché sur une station d’information.

Fréqunces des principales radios d’information

- Capital FM103.9 (Nairobi)

- BBC 97.3 (Nairobi)
93.9 (Mombasa)

- Voice of America107.5 (Nairobi)

- KBC 95.6 (Nairobi)
104.4 (Mombasa)
100.7 (Nyeri)
103.5 (Meru)

- RFI 89.9 (Nairobi)
105.5 (Mombasa)

Phase 2 : maintien des résidents à leur domicile

La situation générale se dégrade au point de mettre en danger la sécurité des personnes. L’ambassade peut se constituer en cellule d’urgence si le contexte le nécessite. Elle transmet les consignes qu’elle juge les plus appropriées. Celles-ci peuvent aller du maintien au domicile jusqu’au conseil donné aux personnes qui n’ont pas d’obligations professionnelles de quitter le territoire.

On peut rappeler quelques conseils d’ordre général :

- ne sortez de jour et surtout de nuit que s’il est impossible de faire autrement ;
- si vous entendez des coups de feu, éloignez-vous des ouvertures (fenêtres, portes) ;
- de nuit, éteignez les lumières intérieures, mais laissez allumées les lumières extérieures de votre domicile ;
- disposez d’un véhicule avec un réservoir plein ;
- rassemblez tous les documents administratifs ou personnels qui vous seraient indispensables ;
- pensez à solder les comptes de votre personnel de maison ;
- gardez votre calme en toute circonstance et évitez les actions provocatrices.

Phase 3 : rassemblement au point de regroupement

La situation est tellement dégradée que l’Ambassadeur décide de procéder au regroupement de la communauté française. Il faut alors vous efforcer de rejoindre par vos propres moyens le centre de regroupement (vous trouverez les détails relatifs aux centres de regroupement en consultant le service aux Français).

- Pour les Français de Nairobi, il s’agit du Lycée Denis Diderot, situé sur Argwings Khodek Road, à proximité du Yaya Centre.

En cas d’impossibilité de rejoindre le lycée, les familles pourront se rendre aux lieux de regroupement secondaire, toujours sur instruction formelle de l’Ambassade.

Les lieux de regroupement secondaire sont les suivants :

- îlot 1 : domicile du Premier Conseiller de l’Ambassade

- îlot 2 et îlot 3 : la résidence de l’Ambassadeur de France – Off Kabarnet Road – Kabarnet Close ;

- pour ceux qui resteraient bloqués en ville : l’Alliance Française, à l’Angle de Monrovia et de Loita Street ;

- pour les Français établis à Mombasa et sur la Côte nord, le point de regroupement à rallier est la société Delmas à Mombasa. L’entrée est située entre Kpa Gate 15 et Changamwe Roundabout. En cas d’impossibilité d’utiliser le pont nord de la ville, un point de regroupement secondaire a été défini : il s’agit de la villa Bamburi (lotissement BamburiI).

- pour les Français établis sur la Côte sud, suite à la fermeture de l’hôtel Safari Beach Hotel à Diani, merci de vous rapprocher de vos ilôtiers en cas de crise.

Si vous êtes dans l’impossibilité de quitter votre domicile en raison de risques importants, restez chez vous, prévenez l’ambassade et attendez que l’on vienne vous chercher.

Sauf exception, le regroupement est généralement conçu en vue de l’évacuation dont il constitue en quelque sorte la première phase. Il peut néanmoins être décidé uniquement pour assurer la meilleure protection aux nationaux, dans des circonstances particulières et pour une période de temps limitée.

Phase 4 : l’évacuation

Les consignes d’évacuation sont données par l’Ambassadeur en personne, à partir des lieux de regroupement. L’évacuation suppose la mise en place, en liaison avec Paris, de moyens de transports civils ou militaires. Les conjoints étrangers de nationaux français bénéficient également du dispositif d’évacuation. Les « conjoints » comprennent les concubins (avec certificat de concubinage), pacsés, mariés et parents d’enfants français.

Votre préparation

Equipement d’évacuation

Afin d’anticiper une éventuelle évacuation, il est recommandé de tenir toujours prêt au domicile un bagage minimum. Cet équipement léger doit tenir dans un sac à dos (un par personne). Penser à prendre de la nourriture pour les bébés et les jeunes enfants.

L’évacuation a pour but de préserver la sécurité des personnes, pas forcement l’intégrité des biens. A ce titre, la question des animaux domestiques est souvent évoquée : leur évacuation est envisageable. Toutefois, les circonstances peuvent l’interdire, et, quoiqu’il en soit, pas plus d’un animal par foyer ne sera autorisé.

Vous pouvez rassembler :

- papiers d’identité – documents médicaux (ou leur photocopie) ;
- argent liquide et documents bancaires ;
- sous-vêtements et vêtements de rechange ;
- une lampe de poche et ses batteries ;
- canif, briquet, allumettes, sacs en plastique, mouchoirs en papier, papier hygiénique ;
- bouteille(s) d’eau minérale ;
- quelques aliments adaptés : pâtes de fruits, barres de céréales ;
- une trousse de premiers soins avec ciseaux ;
- une couverture ou un duvet.

Conseil pour vos enfants

Afin que vos enfants soient facilement identifiables s’ils devaient se retrouver seuls, faites leur porter une mini-fiche d’identité indiquant leur nom (voire le nom de leur mère si celui-ci est différent), leur date de naissance, leur numéro de téléphone, leur adresse, leur nationalité et leurs éventuels problèmes de santé.

Eventuellement, vous pouvez conserver dans votre véhicule un équipement de route : cartes, boussole, matériel de réparation, comprimés pour désinfecter l’eau…

Mesures de prévention

Dès votre arrivée au Kenya, il vous est recommandé de :

- signaler votre présence, non seulement à la section consulaire, mais également à votre chef d’îlot ;
- garder des réserves alimentaires de base (eau, céréales, lait pour enfant…) pour 10 jours, ainsi que des bougies, allumettes, lampes de poche, piles électriques, radio avec batteries, trousse de secours, médicaments, combustibles et carburants ;
- conserver en lieu sûr un montant de devises (dollars) suffisant pour couvrir l’achat de billets d’avion.

Dernière modification : 14/01/2016

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