Green Electricity Conference à Nairobi

L’agence AFD de Nairobi a organisé les 23 et 24 novembre, en partenariat avec le Gouvernement kenyan et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) une conférence sur l’électricité verte au Kenya. L’événement, ouvert par le Premier ministre Raila Odinga en présence des Ministres de l’Énergie Kiraitu Murungi et de l’Environnement et des Ressources minérales John Michuki, du Directeur général du PNUE, Achim Steiner, de l’Ambassadrice de France Elisabeth Barbier et du Directeur général adjoint de l’AFD Jean-Michel Debrat a réuni tous les acteurs du secteur électrique et de nombreux responsables économiques du pays pour discuter des enjeux de l’approvisionnement électrique du pays dans les 20 ans à venir.

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le Vice-Ministre de l’Energie, le Ministre de l’Environnement, l’Ambassadrice de France et le Premier ministre

La concomitance de la visite au Kenya du groupe parlementaire d’amitié franco-kenyan a permis la participation de 4 députés français aux entretiens, qui ont précédé l’ouverture de la conférence, avec le Premier ministre kenyan.

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l’Ambassadrice de France Elisabeth Barbier

Cette conférence a suscité un intérêt allant au-delà des attentes avec plus de 250 participants à l’ouverture et une participation soutenue et de haut niveau tout au long des travaux. Outre le très haut niveau de représentation officielle (Gouvernement et PNUE) lors des discours d’ouverture, les chefs d’entreprises publiques et privées du secteur, les organisations du patronat kenyan, des représentants du secteur financier, le FMI, des chercheurs, ONG et les conseillers spéciaux du Premier Ministre et du Directeur exécutif du PNUE ont contribué et participé activement à ces deux journées.

Les présentations et débats, tant du secteur public que des opérateurs privés, ont porté sur les sources d’approvisionnement à privilégier dans un pays intense économiquement, dépourvu de ressources fossiles, doté d’un fort potentiel d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique et où près de 80% de la population reste à raccorder et approvisionner. Quels options retenir et moyens à prévoir pour (i) satisfaire la demande légitime d’électricité d’un pays qui croit économiquement et démographiquement (+ 1 M hab/an) et (ii) que cette électricité soit la plus fiable et compétitive pour les entreprises, abordable pour les ménages et sobre en carbone ?

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le Premier ministre Raila Odinga

L’AFD a présenté des scénarios d’évolution du secteur électrique kenyan, montrant qu’un scénario vert, conjuguant efficacité énergétique, géothermie, éolien et interconnexions, avec le minimum de thermiques nécessaire pour compenser les fluctuations de la demande, est le plus fiable et compétitif à long terme. Le PNUE a de son côté souligné et démontré l’importance du potentiel de l’efficacité énergétique au Kenya.

Le secteur de la géothermie (7 000 MW de potentiel, à comparer aux 1 300 MW du système actuel, dont 168 MW de géothermie) a présenté sa stratégie : la « Geothermal Development Company » récemment créée, qui devrait faire l’objet d’un concours de 60 M€ de l’AFD en 2010, a un mandat d’exploration devant mettre les investisseurs privés et KenGen (performant producteur publique d’électricité) dans les meilleures conditions pour la phase de construction des centrales. Le secteur a appelé les bailleurs à plus de rapidité dans l’instruction et le décaissement des projets et d’harmonisation dans les procédures.

Le secteur privé, en tant que consommateur (75 % de la consommation électrique), a affirmé son souhait de voir se développer les énergies renouvelables, afin d’assurer une stabilité, prévisibilité et compétitivité des prix sur le long terme. En tant qu’investisseur, il a proposé des mesures à même d’accélérer le développement de l’électricité verte (tarifs d’achat, clarification de la planification et des mesures incitatives disponibles, accélération de la négociation des contrats d’achat d’électricité, facilitation de l’obtention des crédits carbone). Certains intervenants se sont interrogés sur les raisons pour lesquelles les entreprises amélioraient encore trop peu l’efficacité énergétique de leurs outils de production et les moyens de les y encourager.

Cet événement, largement couvert par la presse nationale et française (une équipe de France 3 a couvert la première matinée !), a donné une très forte visibilité à la France, chef de file du secteur, sur l’enjeu à la fois économique et climatique de l’approvisionnement électrique du Kenya.

Dernière modification : 14/12/2009

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