Le gouvernement du comté de Kisumu présente le Plan stratégique de développement urbain intégré, financé par l’AFD en tant que composante du KUP

Hier, le gouverneur de Kisumu, M. Jack Ranguma, a présenté le Plan stratégique de développement urbain intégré, financé par l’Agence Française de Développement (AFD) en tant que composante d’un vaste projet appelé « Plan d’urbanisme pour Kisumu" ou KUP, en présence de M. Emmanuel Renoult, premier conseiller et de M. Yves Terracol, directeur régional de l’AFD.

Projet de développement urbain de Kisumu (KUP)

Objet du projet
Favoriser le développement de la ville de Kisumu en adoptant une approche intégrée.

Finalités et objectifs
Le KUP vise à améliorer les conditions de vie de la population de Kisumu en renforçant l’autonomie locale.

Le projet vise à soutenir la municipalité dans la définition de ses politiques publiques et dans la réalisation de ses infrastructures, de façon à répondre de façon adéquate aux besoins de la population de Kisumu et à anticiper la croissance de la ville. Il vise plus particulièrement les quatre objectifs suivants :

1- Amélioration des politiques publiques de gestion des services urbains
2- Réalisation d’équipements et d’infrastructures
3- Rénovation urbaine des quartiers précaires (slum upgrading)
4- Élaboration d’une politique durable et intégrée de développement urbain

Description
Le projet financé par l’AFD s’articule ce projet autour de cinq composantes, qui mêlent activités institutionnelles et investissements. Elles ont été choisies en fonction des priorités de la municipalité, des études déjà réalisées et des priorités de l’AFD en matière de développement économique, de lutte contre la pauvreté et de renforcement de l’autonomie locale. Un plan d’action à cout terme (STAP) consignera les premières actions à fort impact, réalisables sans contraintes majeures dès le démarrage du projet.

Composante 1 : Renforcement des capacités, gestion et planification urbaine
Le renforcement de l’autonomie de la municipalité de Kisumu est l’un des principaux objectifs du KUP et le renforcement des capacités son préalable incontournable. Les actions seront menées au sein de l’administration municipale, sous l’autorité du maire et du Town Clerk.
En parallèle de ce renforcement des capacités, il s’agira d’asseoir les fondements d’une politique urbaine à long terme, en élaborant un Plan Urbain de Référence, outil de planification stratégique. Il définira les zones d’extension urbaine pour les 15 années à venir ainsi que les réseaux urbains et les équipements publics associés. Les objectifs de ce document seront de limiter l’étalement urbain en favorisant la densification des zones urbanisées et de cibler quelques zones stratégiques qui pourront accueillir la croissance urbaine à venir. Ce document sera fédérateur et pourra être utilisé comme outil de communication par la municipalité.

Composante 2 : Gestion des déchets solides
L’intervention de l’AFD dans ce domaine s’appuie à la fois sur la volonté de la municipalité de reconstruire une filière moderne de gestion des déchets solides et sur la demande latente de la population. Différentes options techniques seront analysées, dont le centre d’enfouissement technique (CET) et l’utilsation des déchets pour générer de l’énergie.

Composante C.3 : Réhabilitation des quartiers informels- Slum upgrading
La réhabilitation de bidonvilles est une action stratégique dans le développement urbain de Kisumu. Les élus et les habitants sont particulièrement demandeurs et les stratégies nationales ont déjà identifié cette question comme un enjeu majeur de développement.
L’objectif global vise à améliorer ces quartiers précaires en engageant des actions de rénovation urbaine (voirie, réseaux, équipements) et à contourner les blocages fonciers en n’agissant que sur les espaces publics disponibles, sans engager de procédures d’expropriation. Les actions de cette démarche pilote seront concentrées sur les bidonvilles de Nyalenda et Kaloleni. Cette concentration répond à l’exigence de maximiser les impacts, l’expérience pouvant être ultérieurement étendue à d’autres bidonvilles. Les investissements prioritaires seront déterminés dans les études de détail et devraient se concentrer sur le drainage, la voirie, les équipements (marchés, écoles, centres de santé) et la mise en place d’éclairage public.
La réhabilitation de l’habitat, en partenariat avec UN-Habitat, pourra être engagée dans un second temps, dès lors que les questions foncières et juridiques seront réglées et sur la base d’études socio-économiques plus poussées.
Le projet comprendra des actions de renforcement de capacités des communautés d’habitants des bidonvilles avec un triple objectif : favoriser l’appropriation et l’entretien des ouvrages financés, améliorer l’insertion des habitants dans la ville et aider au développement d’activités économiques et sociales dans ces quartiers. Il est également envisagé de mettre en place un programme pilote de soutien aux personnes victimes de traumatismes, suite aux violences post- électorales.

Composante C.4 : Équipements marchands
La municipalité est aujourd’hui incapable d’assurer l’entretien des équipements marchands lui appartenant. Dépourvus d’accès aux services essentiels (parkings, voirie, réseaux divers) et de programmes d’entretien, les bâtiments commerciaux sont en mauvais état et ne disposent généralement pas des équipements et réseaux de base.
Il est prévu de financer en premier lieu une étude d’analyse de l’armature commerciale de la ville, préalable au lancement de travaux de réhabilitation. Toutefois, afin de répondre à l’urgence, des travaux de réhabilitation simples de quelques marchés de quartiers seront intégrés au STAP (réseaux, clôture).
Étant donnée la forte demande d’une association d’artisans active et structurée, la réhabilitation de la zone industrielle de Jua Kali sera mise en œuvre dans le STAP. Un contrat de gestion sera signé entre l’association et la municipalité.

Composante C.5 : Équipements publics, infrastructure et urbains
La municipalité est responsable du développement et de la maintenance des équipements publics et des parcs et espaces récréatifs. Leur réhabilitation est un enjeu social et politique évident.
Les équipements et infrastructures à réhabiliter seront sélectionnés au regard de leur impact sur la population, dans une logique de desserte prioritaire de la population la plus pauvre.

Toutes les composantes du KUP prendront en compte cinq enjeux transversaux, identifiés en fonction des priorités de la municipalité :
La gestion financière. L’augmentation des capacités financières municipales est un préalable à l’augmentation de l’autonomie de la municipalité. Les questions de l’amélioration du recouvrement des taxes et de l’entretien des équipements seront systématiquement intégrées dans les actions financées par le projet.
L’environnement. Le potentiel environnemental de la ville et l’absence de mesures de protection, font de cette question un enjeu fort à Kisumu.
La concertation et la participation de la société civile. La participation de la population aux décisions municipales étant fortement ancrée dans la culture kenyane, le projet appuiera la municipalité pour développer des lieux d’échanges avec les acteurs locaux. Transversale, la question du genre est notamment incluse dans cet enjeu.
L’emploi. Pour traiter la question centrale du chômage à Kisumu (30% de la population au chômage) les travaux seront réalisés autant que possible en haute intensité de main d’œuvre.

Le SIDA. Des actions parallèles au traitement seront mises en œuvre (sensibilisation, locaux pour des ONG spécialisées).

Classement environnemental : B
Dans la mesure où la plupart des investissements concernent la réhabilitation d’infrastructures existantes, les actions prévues par le projet ne présentent pas de risques environnementaux majeurs. Les impacts prévus sont essentiellement liés aux travaux (gestion des déchets, des coupures du service, nuisances sonores, etc.). Ces risques seront gérés au sein des contrats de travaux.

Informations financières

Coût global du projet : 40 millions d’euros
Financement AFD : 40 millions d’euros
Mode de financement : CKE 1035-01 Prêt souverain concessionnel
Cofinancement : non.

Dernière modification : 20/02/2015

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